Randonnée Patrimoine

Grambois (84)

16  /  02  /  2025

 

Grambois est un village perché à 350 m d’altitude sur un coteau escarpé.  Surpris par la fraicheur matinale (le thermomètre avoisine le zéro degré), nous quittons Grambois pour effectuer une boucle plein est qui nous mène de jas en jas et de vignes en vignes. Le cortège de 29 randonneurs suit le guide, Hervé, et les différents serre-file ont fort à faire car nous changeons souvent d’itinéraires, la plupart du temps sur des petits sentiers très agréables et des chemins autrefois très usités, dont subsistent par endroits de belles traces de caladage.

 Après le Jas de Bertet , Les Chabuis et la ferme viticole de Regarde-moi-venir en culture biologique depuis 1992, petite grimpette parmi les romarins en fleurs et le thym avant la pause matinale. Nous sommes à proximité des ruines des Templiers. En visitant Gambrois, nous passerons devant la Maison des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, Chevaliers de l’ordre de Malte.  

Descente au fond du vallon de Cague-Dret et traversée du petit hameau de Destel avec son lavoir, sa fontaine et ses majestueux chênes.

Aux Prats des Vallats, nous tournons plein ouest, direction Grambois par le chemin dexploitation qui court entre les champs et les vignes. Après le passage derrière St Leger, ancienne colonie de vacances, au niveau des ronces et roseaux, nous virons à droite pour traverser la route et atteindre la crête de la Sarrière. Nous pique-niquons dans la carrière, à proximité d’un ancien four à chaux.

Retour à Grambois où nous sommes accueillis par le « Seigneur du village », vieux chêne pluricentenaire, qui serait un survivant de la chênaie, détruite à la fin du XVIIIe s., propriété de la famille de Roquesante qui détenait la seigneurie de Grambois de 1669 à 1790. A ses pieds, la source de Fontvérane, depuis toujours lieu de vie pour les Gramboisiens dantan confrontés au problème de leau.

Nous contournons le village le long des remparts, plusieurs fois réaménagés, depuis 1377. Epais de deux mètres nous en verrons plus loin les archères. La présence de très vieux muriers laisse supposer qu’on exploitait le ver à soie. Sabrina nous emmène dans les rues caladées  et les maisons du vieux village, restaurées, rendues à leur histoire. Les façades portent encore de belles fenêtres géminées trilobées, ou à meneaux. On y retrouve l’influence de l’association le Felibrige, les noms de rues étant écrit en provençal. D’ailleurs sur le côté de l’église, est inscrite en provençal une citation de Frédéric Mistral (1830 - 1914) extraite de "Lis Oulivado, la chanson des paysans" traduite par : « Le paysan, en tout pays, est le support de la nation. On aura beau faire des inventions, il faut que se remue la terre ».

Le château, ou plutôt lancienne demeure seigneuriale, date du XVIe s..

L’église Notre-Dame de Beauvoir église romane, fondée au XIe s.,  ainsi que le polyptyque de Saint Jean-Baptiste qui date de 1519, sont classés Monument Historique. A lintérieur, les chapiteaux des colonnettes représentent de rares vestiges de la sculpture romane du XI-XIIe s. en Provence. Cet édifice possède deux clochers : un clocher-mur de 1584 et un élégant clocher destiné à lhorloge datant du XVIIIe s., couronné dun campanile en fer forgé au XIXe s.

Point central de la place du village, la fontaine est alimentée par la captation dune source généreuse mais lointaine, celle des Ponteux, à 3 km environ du village. On l’appelle Fontaine des Bartavelles car Yves Robert y tourna là quelques scènes majeures de "La Gloire de mon Père", dont notamment la partie de boules et le retour de la fameuse chasse aux bartavelles.

 

Merci à Sabrina, Hervé et Perle de nous avoir permis de voyager dans ce beau paysage provençal  chargé de tant d’Histoire.

 

Nous avons parcouru 13 km pour un dénivelé d’environ 300 m.

 

 

BM