Les Pénitents des Mées
Les Mées (04)
26 / 02 / 2025
Nous étions 21 au départ des Mées pour suivre Jean-Louis sur les sentiers caillouteux du poudingue des Mées.
Belle journée ensoleillée mais quelque peu ventée nous débutons par la Fontaine de la République qui fut le 1er monument du département à rendre hommage dès 1913 aux insurgés du 2 décembre 1851 contre le coup d’état de Napoléon III.
Nous remontons ensuite la rue Clovis Picon, ancien lit du torrent de la Combe, assagi depuis le reboisement de la fin du 19ème et on remarque au niveau du haut de la rue des pierres rainurées où le valet de ville mettait des planches pour protéger les rues adjacentes.
Puis montée vers la chapelle saint-Roch, (protecteur de la peste), église primitive du village (ex saint Sépulcre) jusqu’au 13ème siècle et construite sur des bases de monuments romains.
De là, ascension des rochers et parcours sur la crête étroite et vertigineuse par endroit, offrant de beaux points de vue sur la vallée de la Durance. Pour le plaisir des yeux de superbes touffes de globulaires alypon (qui calme la douleur) jalonnent le parcours jusqu’à san Peyre.
Nous continuons jusqu’à la centrale photo voltaïque pour la pause repas. Cette centrale a été mise en activité en 2011 et produit la consommation annuelle de 1754 habitants. Elle semble être un exemple en terme écologique : https://ecodelta.fr/portfolio/centrales-photovoltaiques-les-mees/
Nous redescendons par un sentier en sous-bois jusqu’à san Peyre puis on retrouve les crêtes et on bifurque sur un sentier versant nord pour rejoindre les Mées.
Au passage vue sur le canal EDF, dont les bâtisseurs ont eu l’intelligence (en 1960 !), afin de ne pas impacter le paysage, de le faire passer sous terre sur 3 km (galerie des Mées) au niveau du village et des pénitents !
Evocation de la légende des Pénitents, et avant d’arriver dans le village, la sortie d’une autre galerie, celle creusée en 1782 pour dévier les eaux dévastatrices du torrent de la Combe. Ce projet a divisé le village en 2, les pro-trou et les anti-trou ! Finalement deux ans plus tard 80 mètres ont été creusés mais on tombe sur une source qui s’écoule dans la galerie et l’inonde. On décide alors d’attaquer le côté Nord et fin 1782 c’est 42 m qui ont été creusés.
A 3mètres de la rencontre, l’eau suinte de partout empêchant les ‘pétards’ d’exploser. On retourne côté sud et on évacue à la cornue 34 000 litres d’eau qui s’était stocké dans la mine, on l’assèche et 10 jours plus tard, la mine est percée (125m) .
Après la mine il a fallu construire l’aqueduc pour amener l’eau de la Combe à la Durance et très vite s’avérant insuffisant en construire un second en 1875, bref tous ces travaux pour qu’au final les reboisements de la fin du 19ème assagissent ce torrent impétueux et les rendent inutiles.
Retour aux Mées par la rue du rocher et merci à Jean Louis bien sûr mais aussi : aux moines de Paillerols, qui, au 9ème siècle, surveillaient le passage des belles Mauresques retenues dans son château par Raimbaud, seigneur des Mées et allant vers le bac de la Durance pour être juger en Arles. Au passage de ces superbes créatures, les moines eurent des pensées coquines et saint Donat qui veillait en face préféra les pétrifier pour leur éviter une damnation imminente !! Sans eux, si l’on en croit cette légende, pas de rochers aux Mées !
Enfin dernier mystère de cette journée, rando donnée pour 8 km et 550 m de dénivelé, qui au final devient une rando de 660m de dénivelé et 12km700 ! Quel magicien ce Jean-Louis !!
Enfin halte désaltérante au bistrot du coin. Merci RHP !
Sabrina